Ces pourraient spéculer autour de ces nouvelles valeurs.

Ces limitations distinguent les monnaies complémentaires des systèmes monétaires sur lesquels est fondée l’économie moderne, à l’échelle nationale, à l’échelle européenne et sur le marché mondial. Créent-elles des nouveaux modèles d’affaires ? L’émergence et le nombre de ces nouvelles monnaies complémentaires modifie l’écosystème du monde monétaire et des moyens de paiement. Ainsi, de nouveaux acteurs non bancaires proposent des nouveaux moyens d’échanger. Ces nouveaux acteurs, en s’intégrant dans la chaîne de valeur classique, modifient les comportements et les usages. Dans le cas des monnaies complémentaires locales, de nouveaux modèles d’affaires émergent pour par exemple redynamiser une zone géographique, favoriser les transactions entre entreprises en réduisant les délais de paiement et les coûts. Dans le cas des monnaies numériques, la réduction des coûts, l’affranchissement des contraintes géographiques et physiques et le fait de proposer une alternative aux moyens de paiements classiques (virements, prélèvements, cartes bancaires) pourrait entraîner une nouvelle manière d’effectuer des transactions. Ces nouvelles monnaies sont-elles source de spéculation ? Dans le cas des monnaies fondantes (SEL, SOL, monnaies locales…) qui poussent à la consommation immédiate et non à l’épargne de précaution, dès lors que l’on reste au sein du même écosystème, la spéculation ne semble pas possible. A terme, si des instruments financiers et des dérivés sur devises et monnaies locales étaient créés, dans des buts qui pourraient être louables des arbitragistes de devises pourraient spéculer autour de ces nouvelles valeurs. Cela semble néanmoins improbable aujourd’hui. Dans le cas des monnaies numériques dans leur forme actuelle (bitcoin, ether), la volonté de rendre rare la monnaie, en limitant le nombre maximum d’unités en circulation, pose la question du but des détenteurs de cette monnaie qui spéculent sur une hausse plus rapide de la monnaie numérique par rapport à la monnaie souveraine.